Activités du laboratoire

Vision systémique des crises : De l'optimisation à la stratégie de changement ?

A systemic vision of the crises: From optimization to change strategy?

10e congrès international de l’Union européenne de systémique (UES2018), 15-16-17/10/2018
10th international congress of the European Union for Systemics (UES2018), 15-16-17/10/2018

Comité organisateur : Gianfranco Minati (president), Andrée Piecq (general chair), Claude Lambert (co-dir.), Damien Claeys (co-dir.), Charles Deletrain, Guy Koninckx, Mario Pavoni

Lieu : LOCI Bruxelles, Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

Bien qu’évoqué à de nombreuses reprises dans d’autres congrès, le thème de la crise n’est pas épuisé. En effet, des questions liées aux effets apparents des crises apparaissent dans toutes les activités humaines (économie, politique, culture, enseignement, écologie, sécurité, architecture…). De nombreuses mesures corrigent dans l’urgence les symptômes apparents des problèmes sans tenter de comprendre les logiques sous-jacentes qui les constituent. Pourtant, la crise est un phénomène sociétal multiforme non réductible à ses conséquences immédiates.
Face à ces questions d’actualité, des actions correctives peuvent être menées pour restaurer les structures existantes. Mais les réponses apportées sont alors (in)efficace et à court terme. Elles ne possèdent aucune visée stratégique capable d’engager un développement cohérent, durable et soutenable.
Plus que jamais, une conception systémique du processus par lequel la crise – sous ses multiples formes – émerge est indispensable pour agir en pleine conscience de l’interdépendance des phénomènes étudiés. La méthode systémique aide l’agent à comprendre qu’aborder la crise ne se réduit pas à la recherche de l’optimisation de processus. Le changement à opérer est de nature structurelle.
Alors que la société industrielle était d’abord liée à la gestion de la matière et de l’énergie, une troisième ressource fondamentale – la connaissance – prend aujourd’hui une importance grandissante. Les technologies de traitement et de diffusion de l’information – comme l’Internet – virtualisent toujours plus notre réel et permettent des changements rapides, globalisés et amplifiés. Les échanges informationnels influents donc directement l’élaboration et l’échange de la connaissance.
En situation complexe, le défi de l’agent confronté à la crise et à une saturation informationnelle est d’acquérir une capacité de description et de modélisation pertinente des phénomènes considérés.
Au-delà de l’appréhension analytique de simples causes, la méthode systémique est un outil performant pour modéliser des systèmes, identifier des facteurs complexes, décrire des éléments et leurs relations. Elle fournit à l’agent des éléments de compréhension du réel qui lui permettent d’élaborer une visée stratégique contextualisée menant à des actions qui auront des effets structurels durables. Le jeu actuel des éléments en crises et de leurs relations n’est donc pas simplement optimisé (première cybernétique), mais remplacé par un jeu différent admettant des incertitudes, tirant parti des technologies de l’information, intégrant des connaissances et des stratégies nouvelles (seconde cybernétique). Les crises ne sont plus considérées comme de simples adaptations de systèmes pré-crises, mais elles sont les sources potentielles de l’émergence de structures nouvelles. Ces dernières sont générées par l’intégration de nouvelles connaissances et technologies, l’amélioration de la gestion des ressources, la redéfinition d’un équilibre sociopolitique.
L’objectif du 10e congrès de l’Union Européenne de Systémique (UES) est d’élaborer une représentation systémique des processus inhérents aux crises, lors de rencontres interdisciplinaires associées à une visée transdisciplinaire. Cette représentation systémique pourra fournir des outils théoriques, méthodologiques et pratiques applicables à des cas spécifiques de systèmes en crise. Autant de moyens pour l’agent de mener des actions pertinentes au profit d’une société désireuse d’atteindre un degré élevé de soutenabilité pour les générations futures.

Although raised many times on other congresses, the theme of crisis is still not depleted. Indeed, questions related to visible effects of crises emerge in all human activities (economy, politics, culture, education, security, architecture…). A lot of measures urgently correct the visible symptoms of problems without trying to understand the underlying logics linked to them. Yet, crisis is a multidimensional societal phenomenon that cannot be reduced to immediate consequences.
In response to these topical issues, corrective actions can be taken in order to reestablish existing structures. However, answers provided are often (in)efficient and are over the short term. Indeed, these answers do not propose a strategic purpose that could lead to a coherent, long-lasting and sustainable development.
More than ever, a system-based approach of the process through which crisis – in its various forms – emerges is essential in order to act with full awareness of the interdependence of the phenomena under study. The systems thinking approach helps the agent understanding that tackling the crisis phenomenon is not only researching the optimization of the process. The change required is of structural nature.
Even though industrial society was, at first, linked to matter and energy management, a third fundamental resource is becoming more and more important : knowledge. Treatment and diffusion technologies – such as the Internet – tend to even more virtualize our real and make quick, globalized and amplified changes possible. Informational exchanges directly influence knowledge elaboration and exchange.
In a complex situation, the challenge of the agent confronted to crisis and to an informational overload is to acquire a capacity of description and a relevant modeling of the regarded phenomena.
Beyond analytical apprehension of mere causes, the systems thinking approach is an efficient tool in order to model systems, identify complex factors, describe elements and their relationships. It provides the agent the necessary elements to understand the real which will allow him/her to build a contextualized strategic purpose. Then, this strategic purpose will lead to actions which will have structural and long lasting impacts. The current “element in crisis” game and their relationships is thus not simply optimized (first cybernetic), but well replaced by a different game involving uncertainties, taking advantage of information technologies, integrating new knowledge and strategies (second cybernetic). Crises are no longer considered as simple adaptations of pre-crises systems, but as potential sources of emergence of new structures. These are generated by the integration of new knowledge and technologies, the improvement of resources management and the redefinition of a sociopolitical balance.
The objective of the 10th congress of the European Union for Systemics (EUS) is to develop a systemic representation of the processes inherent to crises during interdisciplinary meetings, combined with a trans-disciplinary vision. This systemic representation will provide theoretic, methodological and practical tools applicable to specific cases of systems in crisis. All these resources will help the agent taking relevant actions for the benefit of a society willing to reach a high level of sustainability for future generations.

Les sujets principaux porteront sur :

  • modélisations systémiques des processus des crises
  • identification des types et des facteurs des crises
  • interventions systémiques sur les crises
  • crises politiques et gouvernance
  • croissance et développement, durabilité et soutenabilité
  • concept et représentation des crises à travers différentes disciplines
  • contexte historique de l’émergence du concept de crise
  • adaptation ou transformation
  • crises économiques
  • crises du logement et précarité
  • cellule familiale en crises
  • prévention et résolution des crises
  • ressources des crises

The main topics will be :

  • systemic modelling of crises processes
  • identification of crises types and factors
  • systemic interventions on crises
  • political crises and governance
  • growth and development, durability and sustainability
  • concept and representation of crises through various disciplines
  • historical context of the emergence of the crisis concept
  • adaptation and transformation
  • economic crises
  • housing crises and precariousness
  • family unit in crises
  • prevention and crises solving
  • crises resources
  • Gianfranco Minati (University of Milan, Italy)
  • Nikitas Assimakopoulos (University of Piraeus, Greece)
  • Assaad Azzi (Université libre de Bruxelles, Belgique)
  • Stefan Blachfellner (Bertalanffy Center for the Study of Systems Science, Austria)
  • Pierre Bricage (International Academy for Systems and Cybernetic Sciences)
  • Damien Claeys (Université catholique de Louvain, Belgique)
  • Raúl Espejo (World Organisation of Systems and Cybernetics)
  • Wolfgang Hofkirchner (Vienna University of Technology, Austria)
  • Claude Lambert (Union européenne de systémique)
  • Claudio Nigro (University of Foggia, Italy)
  • Francisco Parra Luna (Complutense University of Madrid, Spain)
  • Igor Perko (University Maribor, Slovenia)
  • Andrée Piecq (Union européenne de systémique)
  • Frank Stowell (University of Portsmouth, UK)
  • John Thanopoulos (University of Piraeus, Greece)

Maîtrise et incertitude : Les dessins de l'architecture

Mastery and uncertainty: The drawings of architecture

Colloque international et exposition DESIGNO2018, 18-19-20/01/2018
International colloquium and exhibition DESIGNO2018, 18-19-20/01/2018

Comité organisateur : Frédéric Andrieux (co-dir.), David Vanderburgh (co-dir.), Guilhem Chuilon, Damien Claeys, Jean-Pierre Couwenbergh, Pauline Fockedey, Corentin Haubruge, Joëlle Houdé, Jean-Jacques Jungers, Alexandre Nowicki, Cristian Panaite, Marie Pirard, Eric Van Overstraeten

Lieu : LOCI Tournai, Rue du Glategnies, 6 – B-7500 Tournai

Quel est le lieu de la maîtrise de la conception ? S’il y a de nombreuses réponses possibles à cette question, on ne peut contourner le dessin. Et si le dessin est ce lieu, quel « travail » effectif y est accompli ? Dans quelle mesure le médium est-il le message ? Comment naviguer dans une dialectique entre la lenteur des itérations du dessin physique et l’instantanéité de la machine ? Sommes-nous témoins de la « mort du dessin » (cfr. Sheer 2014, Symposium de Yale en 2012). Y a-t-il un glissement dans la cartographie de la discipline ? La pratique professionnelle est-elle fondamentalement différente aujourd’hui ? Comment les écoles gèrent-elles ces récents changements ? Et comment la théorie de l’architecture devrait-elle s’adapter à l’évolution du statut du dessin ? Ce colloque / exposition vise à poursuivre le dialogue ouvert ces deux dernières décennies à propos du rôle des divers dispositifs du dessin, allant des rapports entre le corps et l’esprit du dessinateur (Pallasma 1996), à l’ « intelligence distribuée » portée tant par les visées manuelles et informatiques, que par le « hard- » et le « software ».
Les contributions prendront la forme d’abstract et/ou de dessin, et situeront le passé, le présent et/ou le futur du dessin comme lieu d’exploration, de décision, de production, de maîtrise et d’incertitude dans la conception de l’architecture. Sont particulièrement encouragées les contributions attentives à lier théorie et pratique.

What is the locus of control of design ? Although there are many possible answers to this question, drawing is inescapable. Even so, a host of other questions emerge. For instance, if drawing is the locus of control, then what is the “work” of drawing, what is its productivity ? To what extent is the medium the message ? How should we navigate the dialectic between the slowness of iterations in physical drawing and the instantaneity of the machine ? Are we witnessing the “Death of Drawing” (Scheer, 2014 ; see also the Yale symposium of 2012) ? Is there a shift in the cartography of the discipline ? How have schools managed recent changes ? Is the profession fundamentally different now ? And how should architectural theory adapt to drawing’s evolving status ? This conference/exhibition seeks to continue the dialogue opened over the past two decades about the roles of various dispositifs, ranging from the draftsperson’s mind and body (Pallasmaa, 1996) to the “distributed intelligence” supported by both manual and electronic means, both hard and soft wares.
Contributions, in the form of abstracts or drawings, are invited that will help us address the past, present and future of drawing as a place of exploration, decision, production, mastery and uncertainty in architectural design. Particularly encouraged are contributions that are attentive to links between theory and practice.

Dimensions that might be important include: (dis)order, (dis)continuity, mastery vs. lack of control, determination vs. randomness, (im)precision, (un)certainty, the (ana)logical component of drawing, scale(lessness), framing, authorship of collective drawing.
Empirical areas to be addressed could include: first and last drawings, construction drawings, competition drawings, renderings, physical and computer models, “real” and “virtual” worlds

  • Frédéric Andrieux (UCLouvain, Belgique)
  • Ota Atalay Franck (ZHAW, Zurich)
  • Anđelka Bnin-Bninski (University of Belgrade)
  • Roberto Cavallo (Delft Univeristy)
  • Jean-Pierre Chupin (Université de Montréal)
  • Damien Claeys (UCLouvain, Belgique)
  • Jean-Pierre Couwenbergh (UCLouvain, Belgique)
  • Johan De Walsche (University of Antwerp)
  • Rika Devos (Université libre de Bruxelles)
  • Murray Fraser (Barlett School)
  • Hilde Heynen (KULeuven)
  • Urs Hirschberg (TU Graz)
  • Joëlle Houdé (UCLouvain, Belgique)
  • Bernard Kormoss (Université de Liège)
  • Elena Marco (UWE Bristol)
  • Antoine Picon (Harvard University)
  • Robin Schaeverbeke (KULeuven)
  • Torsten Schroeder (TU Eindhoven)
  • Ben Stringer (U Wesminster)
  • Maarten Van Den Driessche (U Gent)
  • Eric Van Overstraeten (UCLouvain, Belgique)
  • David Vanderburgh (UCLouvain, Belgique)
  • Johan Verbeke (KULeuven)

La complexité, cette inconnue ! Le défi du xxie siècle

Conférence de Lambros COULOUBARITSIS, 15/03/2016, 20h00

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

Au début du xxe siècle, l’irruption de l’incertitude dans les travaux scientifiques a remis en cause la physique classique et elle a confronté les chercheurs à la question de la complexité (sensibilité aux conditions initiales, non-linéarité, chaos, auto-organisation, émergence, systèmes adaptatifs complexes, stratégies décisionnelles...). Au nom de l’autonomie de la philosophie, la question de la complexité a été occultée par les philosophes alors qu’ils avaient un rôle à jouer dans la compréhension de celle-ci.
À partir des stratégies de simplification avec lesquelles l’être humain configure la réalité pour rendre intelligible un réel qui lui échappe, Lambros Couloubaritsis montre les origines de la question de la complexité dans la culture archaïque (pré-philosophique), dans l’histoire de la philosophie (investies des pratiques de l’Un et du Multiple) et dans l’approche intuitive du réel (où l’approche d’une chose la rend paradoxalement plus complexe).
Par ces études, Lambros Couloubaritsis montre que la question de la complexité dépasse les sciences et que la complexité peut être étudiée en tant que complexité, en incluant la complexité scientifique et celle du monde technico-économique.

Né en 1941, Lambros Couloubaritsis est professeur émérite à l’Université Libre de Bruxelles ou il a enseigné pendant plus de trente ans la philosophie. Il est membre de l’Académie Royale de Belgique, membre correspondant des Académie d’Athènes et d’Arménie, docteur honoris causa de plusieurs universités (Oradea, Crète, Athènes, Liège, Lille 3 et Thessalonique). Il a (co)dirigé une vingtaine d’ouvrages collectifs et il est l’auteur de plus de deux cents études. Il a également écrit plusieurs livres dont les deux tomes de La philosophie face à la question de la complexité : Le défi majeur du xxie siècle (Ousia, 2014 et 2015).

Continuités systémiques et interactions entre l'architecture et les systèmes sociaux

Systemic continuities and interactions between architecture and social systems

Séminaire Européen de Systémique (ESS2015), 16/10/2015
European Systemics Seminars (ESS2015), 16/10/2015

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

Comité organisateur : Damien Claeys, Stefan Eppe, Claude Lambert, Sylvain Marbehant, Gianfranco Minati, Andrée Piecq

Séminaire Européen de Systémique "Connaissances pour l’avenir de la société de la connaissance". De tous temps, les établissements humains et leur architecture ont été le produit spontané des sociétés humaines et des cultures qui leur sont associées. Ils ne sont pas engendrés par des actes individuels et délibérés mais résultent, plutôt, d’un grand nombre d’actes conscients et inconscients s’enchaînant et interagissant dans l’histoire de leur développement. Ce mode d’élaboration complexe implique l’existence d’une continuité entre la structure de cet environnement construit et les systèmes sociaux qu’il abrite, c’est à dire l’apparition de facteurs de cohérence communs aux systèmes sociaux et à leurs manifestations matérielles.
Pour une même période historique et une même société, ces facteurs peuvent apparaître de manière simultanée dans l’architecture, les arts, le langage ou les religions. La continuité existante entre l’environnement construit et les systèmes sociaux permet ainsi l’émergence de comportements humains spécifiques et elle favorise l’instauration de dynamiques et interactions sociales inhérentes aux besoins d’une collectivité humaine.
Certaines réponses architecturales, conçues pour être habitées et investies de manière particulière, permettent l’émergence de phénomènes collectifs au sein de la sphère sociale. Sur cette base, le projet implicite de prolonger ou transformer les propriétés d’un système social s’offre aux disciplines mobilisées autour de l’analyse et de la conception de l’environnement bâti – projet reposant sur la reconnaissance des processus d’émergence constitutifs des systèmes sociaux.

European Systemics Seminars "Knowledge for the future of the knowledge society". Human settlements and their architecture have always been spontaneously produced by human societies and cultures. They are mostly built up by a huge number of interacting conscious and unconscious acts over long periods, rather than only by individual, purposely designed acts. This complex development implies a systemic continuity between the built environment and the social systems that dwell in-between its structures, that is to say the appearance of coherent factors shared by one social system and its embodiment.
For a specific period and a specific society, those factors appear simultaneously in architecture, visual arts, music, language or religions. The continuity between the built environment and the social systems enables the emergence of specific human manifestations and behaviors. It fosters social interactions inherent to the needs of every human collectivity.
Some architectural works – specifically designed for dwelling or suiting to other particular use – enable this emergence of collective phenomena in the social realm. On this basis, the implicit project of transforming the properties of a social system can be undertook by the disciplines in charge of the design of the built environment – the central condition of this project being the acknowledgement of the complex emergence processes that constitute social systems.

  • Damien Claeys (Université catholique de Louvain)
  • Stefan Eppe (Université libre de Bruxelles)
  • Carlotta Fontana (Università degli studi di Milano)
  • Sylvain Marbehant (Université libre de Bruxelles)
  • Gianfranco Minati, Chair (Italian System Society)
  • Marie Roosen (Université de Liège)
  • David Vanderburgh (Université catholique de Louvain)

Les contributions au thème ’Continuités et interactions systémiques entre l’architecture et les systèmes sociaux’ peuvent être issues des nombreuses disciplines mobilisées autour de l’analyse et de la conception de l’environnement bâti.
Les sujets principaux porteront sur :

  • (1) l’étude des multiples manifestations de la continuité existante entre les sociétés humaines et l’environnement bâti dans des exemples historiques ou actuels ;
  • (2) l’inventaire et la critique de certaines stratégies contemporaines de l’aménagement ou de l’urbanisme intégrant des cibles sociales (Smart Cities, éco-quartiers, rénovation urbaine de friches industrielles...) ;
  • (3) les positionnements doctrinaux originaux qui comprennent le phénomène d’émergence comme la source d’une démarche de projet dans les disciplines en charge de l’aménagement, de la planification, de l’urbanisme ou de l’architecture.

The written contribution to the theme ’Systemic continuities and interactions between architecture and social systems’ may belong to every disciplines in charge of the analysis and the design of the built environment.
The main topics will be :

  • (1) the studies based on the diverse manifestations of the continuity between architecture and the social systems in historical or contemporary cases ;
  • (2) the inventory and critique of several contemporary urban strategies dealing with social targets (Smart Cities, ecodistricts, Urban renewal of industrial wastelands...) ;
  • (3) original doctrinal positions which understand the process of emergence as the source of the design project in the disciplines dealing with the built environment.
  • BRASCHI, Cristina (2015). « From social movements to the coproduction of the city : the renewal of the Right to the City in the contemporary making of public spaces. The case of Madrid and Brussels ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • BOUTEMADJA, Abdelkader & REITER, Sigrid (2015). « L’approche typologique processuelle comme modèle systémique de lecture des représentations graphiques dans les concours d’architecture ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • CAPRON, Jean-Luc (2015). « The oku concept and the sequential depth ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Abstract revue AES]
  • CHANET, Corentin & EUBELEN, David (2015). « Haunting rhetoric, haunted epistemology : An anthropological critique of systemics in architecture and urban studies ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • CLAEYS, Damien (2015). « Le jeu des (dis)continuités entre architecture et systèmes sociaux peut-il nous sortir de l’anthropocène ? ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • DI BATTISTA, Valerio (2015). « Paysage : perception et projet ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • FONTANA, Carlotta (2015). « Architecture and systemics : An outline and an outlook ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • JUNGERS, Jean-Jacques (2015). « Mimesis & Cie – The (un)walled man ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • KHAN, Ahmed Z. (2015). « Integrated design for global ecological balance ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5.
  • MINATI, Gianfranco (2015). « The social field designed by architecture ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • OPROMOLLA, Antonio, VOLPI, Valentina, GRIMALDI, Roberta, PALATUCCI, Mauro, MEDAGLIA, Carlo Maria (2015). « Defining a meta-design framework for knitting the emergent city elements ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • OPROMOLLA, Antonio, PALATUCCI, Mauro, SPALLETTA, Alessandro (2015). « The game as the central element of interactive and social systems for the transformation of the urban environment ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • VANZANDE, Ornella & POULEUR, Jean-Alexandre (2015). « The diversity of housing typologies in the service of the complexification of inhabitant’s needs and expectations : Observations in the heart of Hainaut ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]
  • VERMEYLEN, Paul (2015). « The time of the metropolis : Understanding urban and systemic dynamics ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Abstract revue AES]
  • VOLPI, Valentina, PALATUCCI, Mauro, MARINELLI DE MARCO, Giuseppe (2015). « The emergent city. Interactive relational systems between public administration and citizen to foster sustainable processes of urban development ». 2e European Systemics Seminars (ESS2015), Bruxelles. Acta Europeana Systemica, n°5. [ Article revue AES]

La gestion du futur : Une approche systémique de la complexité des décisions

Conférence de Pierre KUNSCH, 04/11/2014, 19h00

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

À l’aide d’exemples empruntés à l’actualité dans les domaines de l’économie, de la finance et de l’environnement, Pierre Kunsch montre pourquoi tant de décisions concernant le futur de notre société risquent de produire des effets indésirables à moyen et à long terme, voire d’être vouées à l’échec.
Pierre Kunsch présente ici une approche permettant d’éviter autant que possible ces écueils. Cette méthode d’aide à la décision est basée sur un traitement approprié de la complexité à prendre en compte face à de telles questions.

Pierre Kunsch est né en 1947. Il est licencié en Sciences Physiques de l’ULg, Docteur en Sciences de l’École Polytechnique Fédérale de Zürich (ETH) et Agrégé de l’enseignement supérieur de l’ULB. Il a poursuivi une double carrière à l’université et dans l’industrie. Il est aujourd’hui professeur honoraire de l’ULB en recherche opérationnelle (Ecole Polytechnique) et Gastprofessor à la Solvay Business School de la VUB où il enseigne la dynamique des systèmes.
Il poursuit ses recherches dans les domaines de l’énergie, l’économie, la finance et l’environnement à l’aide d’outils systémiques et multicritères.

Pédagogie systémique du projet d’architecture : en to pan

Conférence de Damien CLAEYS, 04/03/2014, 20h00

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

À la croisée des sciences humaines et des sciences exactes, la conception d’un projet d’architecture est un processus à la fois circulaire, itératif et (auto)réflexif. Le concepteur est toujours face à un problème complexe à résoudre quelle que soit l’échelle de l’intervention qu’il projette sur l’environnement construit. La situation actuelle du monde de la construction n’arrange rien, puisque le nombre des intervenants augmente, les réglementations se compliquent et le nombre de données à prendre en compte explose.
Lorsqu’au cours d’un temps limité, un professeur d’atelier enseigne le projet d’architecture à de futurs architectes, il doit pouvoir former l’étudiant à raisonner en situation complexe pour qu’il puisse être capable, par la suite, de construire des édifices conçus en adéquation avec les contraintes du réel. Il tient compte également de l’impossibilité – sauf en de rares exceptions – de construire réellement les projets imaginés par les étudiants. Des dispositifs pédagogiques spécifiques au cours de projet d’architecture sont utilisés et ils portent sur le type d’encadrement, la disposition du lieu de travail, la temporalité des échanges, les connaissances recherchées et le type d’évaluation du travail en devenir des étudiants. Ces dispositifs mobilisent, souvent sans le savoir, des outils de l’approche systémique. Le rapport particulier entre le cours de projet d’architecture et les autres cours de la formation des architectes est également important.
En raison de son caractère multidisciplinaire, un projet d’architecture risque constamment de mener à une impasse, parce qu’à force de boucler entre toutes les dimensions enrichissantes qui peuvent l’alimenter, aucune solution ne peut être figée sans réduction du réel. À l’image des ouroboros, le serpent risque toujours de se mordre réellement la queue parce que le projet d’architecture est en to pan (l’un et le tout) permanent alors que l’édifice réel est unique. Si la richesse d’un processus de conception architecturale est nécessairement circulaire, comment sortir de la boucle ?

La compréhension trialectique comme géométrie de la systémique

Conférence de Gérard GIGAND, 15/10/2013, 20h00

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

En prolongement de sa vocation d’analyse, l’approche trialectique offre une structuration du processus de pensée et propose un référentiel généralisé prenant en compte un domaine de validité, un champ d’intelligibilité et un degré de résolution à partir desquels se développe une pensée autonome et libre.
Trois caractéristiques président à la trialectique comme forme de compréhension de la systémique :

  • 1. la représentation et non l’objectivité comme vecteur de toute perception ;
  • 2. le binaire et non son abandon comme constitutif triplé du ternaire ;
  • 3. la généralisation à la Limite et non la centration sur l’humain comme référentiel.

Le processus trialectique s’illustre visuellement par une mise en géométrie selon trois cercles se chevauchant :

  • La représentation comme mode de perception à la fois provoque et advient par l’apparition de trois invariants d’incomplétude, d’autoréférence et d’indétermination qui, par les limites qu’ils posent, lancent une combinatoire ;
  • les trois couples binaires font naître des antagonismes reliés et énergétiques ;
  • la généralisation à la limite est une hypothèse qui permet à l’homme de dépasser le champ de son attention exclusive à lui-même en se considérant comme un cas particulier d’un phénomène général de la conscience de la conscience.

Cette physiologie de la trialectique décrite ainsi succinctement, illustre de multiples notions fondamentales nouvellement reliées entre elles telles que l’invariance, le tiers incluant, l’antagonisme non symétrique, la relativité générale, la Limite, l’inconnaissabilité, la continuité, la coextensivité et par-dessus tout, la perception complexe.
Ainsi constituée, l’approche trialectique accueille toute problématique nécessitant une analyse systémique dont l’humain est acteur-observateur plutôt qu’observateur extérieur.
Cet exposé a pour objectif d’évoquer :

  • la quotidienneté du fait trialectique ;
  • le doute caché qui s’attache toujours à la rigueur apparemment imparable des formulations binaires ;
  • l’usage en fait, assez répandu de l’approche ternaire au fil des âges ;
  • la fécondité opérationnelle de cette approche dont le paradoxe est de construire sur trois formes du manque, de miser sur la relation de relations afin d’unir sans confondre et distinguer sans séparer.

Architecture & complexité : Un modèle systémique du processus de (co)conception qui vise l’architecture

Soutenance publique de Damien CLAEYS, 17/09/2013, 18h00

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

La pratique de l'enseignement du projet d'architecture est confrontée à un problème important : l'absence de modèles théoriques, dédiés spécifiquement au champ de la conception en architecture, à la fois solides pour répondre aux exigences scientifiques et suffisamment souples pour être adaptables à n'importe quel projet d'architecture.
Cette thèse a pour finalité l'élaboration d'un modèle (analytico)systémique du processus de (co)conception qui vise l'architecture. Sans modéliser l'intrapsychisme du (co)concepteur, ce modèle théorique général consiste en un outil pédagogique heuristique de démystification du processus de (co)conception architecturale qui, parmi d'autres possibles, formule une réponse à toutes ces questions.
Poursuivant la métafinalité projective de fabriquer des lieux, un (co)concepteur démarre un processus de (co)conception architecturale lorsqu'il mobilise le domaine de connaissance qu'il vise (l'architecture) en (co)opérant sur un analogon du projet d'architecture (le modèle architectural) pour construire des édifices (les architectures).
Le modèle est (analytico)systémique parce qu'une complémentarité est assumée entre la méthode réductionniste et la pensée systémique. Il dépasse donc l'apparente opposition entre, d'un côté, l'influence rationnelle des ingénieurs qui tend à rendre le processus de (co)conception totalement intelligible, de l'autre, celle des artistes qui tend à le considérer comme un acte créatif, impossible à percer.
La méthode de modélisation graphique utilisée est la systémographie, visée descriptive menée à partir des outils issus de la théorie des systèmes.

Connaissance et théorie systémique

Conférence de Jacques STEIWER, 27/02/2013, 20h00

Lieu : Site de Bruxelles | Rue Wafelaerts, 47/51 – B-1060 Bruxelles

La discipline philosophique appelée « théorie de la connaissance » cherche à comprendre comment l’homme appréhende le monde, et par conséquent ce qu’on peut appeler « vérité » et « erreur »... Dans une perspective nouvelle, la philosophie systémique pose l’être humain dans un arc communicationnel avec son monde environnant, niant la dichotomie classique sujet/objet, instituant par contre une rationalité construite et donc passible de déconstruction. À la lumière de ces nouvelles approches, on change les paradigmes de la « causalité » et du « hasard ».

Outils théoriques et pratiques de la projetation

Séminaire doctoral "Architecture & Complexité ii", 16/03, 23/03, 27/04/2012

Lieu : Louvain-la-Neuve (UCL), Liège (ULiège), Bruxelles (ULB)

Comité organisateur : Yves Bettignies Cari, Damien Claeys, Guillaume Joachim, Sylvain Marbehant

La complexité que tout projet architectural véhicule s’explique par plusieurs raisons :

  • la coupure du langage ;
  • la difficile superposition des réalités perçue et conçue ;
  • l’accumulation et la complication des savoirs extériorisés, des pratiques et des postures théoriques ;
  • l’accroissement du nombre des acteurs et des facteurs pris en considération dans la conception ;
  • la reconnaissance d’un réel contingent et complexe.

Alors comment aborder et intégrer cette complexité – réelle ou construite – au sein du projet ?
L'architecture est un art "allographique" (Goodman, 2011). Avant de construire, l’architecte conçoit, c’est-à-dire qu’il produit des (re-)présentations et des modèles. Ces moyens – théoriques et pratiques (discours, maquettes, schémas, diagrammes, dessins, plans...) – permettent notamment à l’architecte d’évaluer, de rationaliser et de contrôler le projet.
À partir de ces constats initiaux, ce deuxième séminaire a pour finalités d’engager une réflexion sur ces outils déployés au cours du processus de projétation, et, d’identifier dans quelle mesure ils peuvent aider l’architecte à penser dans l’action, avec lucidité et en pleine conscience de l’interdépendance des phénomènes.

Le séminaire doctoral est inscrit dans le programme 2011-2012 de l’École Doctorale Thématique (EDT) "Architecture, Urbanisme, Ingénierie architecturale et urbaine".

Signification, perception et conception

  • MARBEHANT, Sylvain (2012). "Connaître pour relier : notes à propos de l’espace des concepts architecturaux".
  • SCARATTI, Elena (2012). "L’architecture qui disparaît".
  • CAPRON, Jean-Luc (2012). "Approche de l’environnement construit comme micro-systèmes perceptifs organisés par le biais des scènes visuelles".
  • EVERAERT-DESMEDT, Nicole & BETTIGNIES CARI, Yves (2012). "L’architecture : une communication artistique ?".

Concevoir avec les représentations du projet

  • CLAEYS, Damien (2012). "Analyse systémique des productions médiatiques du processus de (co )conception architecturale".
  • ELSEN, Catherine (2012). "Objets médiateurs en conception préliminaire : adoptions et adaptations".
  • JOACHIM, Guillaume (2012). "Les représentations externes en collaboration créative : étude d’un cas de réunions de conception architecturale".

Concevoir avec les acteurs du projet

  • GHYOOT, Michaël (2012). "With Great Responsability comes Great Power ?".
  • LEFEBVRE, Pauline (2012). "Un art de l’instauration".
  • DROOG, Marilyn & TERRILE, Daniela (2012). "Les constellations systémiques comme laboratoire de recherche en architecture et urbanisme".
  • ABENI, Roberta & BEACCO, Daniele (2012). "Complexity is Slow" (urbanslow).
  • DENEF, Julie (2012). "Coproduction d’espaces ouverts et médiations urbanistiques".
  • Groupe de contact F.R.S.-FNRS Architecture & Complexité

Approche Systémique de la Diversité : Du savoir à la pratique, de la pratique au savoir

8e congrès international de l’Union européenne de systémique (UES2018), 20-21-22/10/2011
8th international congress of the European Union for Systemics (UES2018), 20-21-22/10/2011

Modérateur : Damien Claeys

Lieu : ULB, Bruxelles

  • CLAEYS, Damien (2011). "Architecture & complexité, Un modèle systémique du processus de conception qui vise l’architecture". [ Article revue AES]
  • MARBEHANT, Sylvain (2011). "Quelle théorie pour l’architecture, De l’autonomie à la médiation". [ Article revue AES]
  • ROLAND, Lee Christopher (2011). "Epaisseur empirique, le tiers état". [ Article revue AES]
  • van MOESEKE, Geoffrey (2011). "La complexité comme inspiration, De notions complexes à un discours sur la soutenabilité de l’architecture". [ Article revue AES]
  • Groupe de contact F.R.S.-FNRS Architecture & Complexité

Architecture et complexité

Séminaire doctoral "Architecture & Complexité i", 11/02/2011, 25/03/2011

Lieu : Louvain-la-Neuve (UCL), Bruxelles (ULB)

Comité organisateur : Damien Claeys, Sylvain Marbehant

En tant que "système particulier de mise en ordre de la réalité" (Claeys, 2010), le domaine de l’architecture est en constante réactualisation. À chaque tentative pour la déjouer ou à chaque modification totale ou partielle de paradigme du moment, la coupure du langage persiste, maintenant une distance inéluctable entre les mondes de nos perceptions et de nos conceptions personnelles. Les incessantes tentatives de superposition des réalités perçues et conçues sont vouées à l’échec. Seule demeure l’accumulation crois-sante du savoir extériorisé associée à une tendance à la complexité des clés de lecture culturelles intervenant dans la manière dont l’individu construit mentalement sa conception du soi dans le monde, dont certains symptômes tangibles émergent régulièrement dans la praxis contemporaine, proposant des architectures à la complexité bien plus évoquée que fondamentalement exploitée.
Parallèlement à cela, nous assistons à un accroissement du nombre et de la complexité des facteurs pris en compte par l’architecte dans les processus de conception et de construction de l’édifice. Lors de tout processus de conception architecturale, l’un des défis majeurs de notre époque est d’appréhender et surtout de gérer la complexité inhérente à l’interprétation des multiples clés de lectures du contexte introjectées. Le concepteur – noyé par le flux ininterrompu des percepts ambigus – doit constamment se réélaborer une méthode de conception architecturale ou céder à l’incertitude croissante et inéluctable de son monde d’action.
Les révolutions paradigmatiques de la fin du xxe siècle ont montrés les limites de l’utilisation unique de la méthode analytique – portée par les progrès scientifiques obtenus par des sciences positives héritières du cartésianisme – qui n’était adaptée qu’à l'étude des systèmes stables constitués par un nombre limité d'éléments aux interactions linéaires. En effet, dès que l'on considère la complexité orga-nisée telle qu’elle se rencontre dans les systèmes biologiques, économiques et sociaux… ce mode de pensée ne convient plus. Complémentairement à l’approche cartésienne, s’est développée l’approche systémique : une nouvelle manière de penser, fondée sur des formalisations (au sens épistémologique) différentes de la réalité construites sur la complexité du cosmos, des organismes vivants, des sociétés humaines et des artefacts.
Dans son rapport concomitant au réel, le domaine de l’architecture occupe une position ambiguë – historiquement riche en rebondissements – entre théories d’un "espace de conception" enseignable dans un cursus aujourd’hui universitaire, et pratiques d’un "espace des édifices" au sein de la profession. Aujourd’hui, il s’agirait de réexaminer et mettre en question la légitimité du couple "théorie / pratique".
"La pensée naît de l'action, et l'action se construit par la pensée."
Le concepteur doit articuler moyens de représentation et de compréhension, et moyens d’action et d’intervention ; la conception reliant par l’intention le substrat théorique de la cognition et la pratique phénoménale de l’action.
Une finalité de l’étude de la conception architecturale est d’élaborer une méthodologie de la conception architecturale qui permette de bien penser dans l'action, avec lucidité et en pleine conscience de l'inter-dépendance entre les phénomènes et parallèlement, ces investigations éclairent le caractère constructif et évolutif de la connaissance architecturale.
Tous les concepteurs engagés dans la gestion de problématiques architecturales – complexes – auraient, par ce biais, la responsabilité à la fois d’agir et de penser. Cet "atelier thématique" proposerait une réflexion collective sur les effets heuristiques du maintient artificiel d’une dualité conceptuelle entre la pensée et l'action lors du processus de conception en architecture menés à l’aide d’une approche systémique, constructive, complexe.

Architecture & complexité : théorie et pratique

  • CLAEYS, Damien (2011). "Quand la conception vise l’architecture, Introduction théorique à la systémique".
  • MARBEHANT, Sylvain (2011). "Quelle théorie pour l’architecture ? De l’autonomie à la médiation".

Complexité : éléments pour penser le développement durable

  • van MOESEKE, Geoffrey (2011). "Durabilité et approche systémique : regards complémentaires sur l’architecture ?".
  • STEPHAN, André (2011). « De la performance énergétique des bâtiments aux empreintes énergétique et carbone des bâtiments".
  • ROLAND, Lee Christopher (2011). "Bruxelles comme palimpseste, les enjeux d’un développement soutenable dans un contexte de concurrence territoriale".
  • Groupe de contact F.R.S.-FNRS Architecture & Complexité